La culture homosexuelle
En réaction
à la discrimination,
les homosexuel-le-s
ont bâti, sur
leurs combats et leur
solidarité, une culture
et un folklore…
Un puzzle culturel
Certes une marginalisation ne suffit pas à établir une « culture » mais
- une sensibilité ;
- des codes de langage et d’attitude développés pendant les années de clandestinité, de marginalisation et de répression ;
- une pratique de la transgression ;
- une appropriation (voire un détournement) d’oeuvres et d’artistes identitaires ;
- un humour particulier et communautaire ;
- une production culturelle et artistique, qui accompagne le militantisme ;
- un sens de la provocation ;
- une habitude de l’autodérision ;
- une réappropriation de l’insulte ;
- des pratiques et des inventions sexuelles ;
- des particularités affectives ;
- …
Tout cela peut finir par en tenir lieu. Toutes les marginalités, toutes les oppressions subies, toutes les clandestinités (notamment sexuelles) ont généré des codes, des comportements et des langages subculturels. Ce gai bric-à-brac qui, s’accumulant, a donné naissance à la culture homosexuelle, est constitué d’inventions, de récupérations et de revendications.
Un outil d’émancipation
Cette culture ouverte et partagée qui, au fil du temps, a permis aux homosexuel-le-s de se dire, de se montrer, voire de s’imposer à eux-mêmes et aux autres, est devenue un élément d’émancipation et de reconnaissance, autant que leur force de mobilisation et de militantisme, ou que leur prétendu pouvoir d’achat.
La culture et l’identité homosexuelles font partie des gays et des lesbiennes. Elles ne les définissent pas. Ils ne s’y limitent pas. Et elles ne les limitent pas non plus…
Reconnue par le Vatican
À l’heure où la notion de culture gay est toujours contestée et niée, tant à l’intérieur de la communauté homosexuelle qu’à l’extérieur de celle-ci, il est étonnant de constater qu’elle ait été reconnue par une des plus importantes et plus conservatrices autorités morales au monde…
En effet, c’est le Vatican qui a reconnu explicitement l’existence d’une telle culture en indiquant que l’Église ne peut admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité1 pas plus que ceux qui soutiennent la culture dite gay.
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1 Instruction sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux ordres sacrés. Rome, 2005.