L'homosexualité et les religions
Les trois grandes religions
monothéistes considèrent
l’homosexualité comme un
acte contre-nature prohibé
par leurs Saintes Écritures
respectives… Bien que
certain-e-s homosexuel-le-s
ont été lié-e-s à l’histoire
des religions et impliqué-e-s
dans leur développement.
Religion chrétienne
Parmi les différents courants chrétiens, des nuances apparaissent dans les jugements donnés sur l’homosexualité et dans la façon de traiter la personne homosexuelle.
L’Église catholique
En son temps, Jean-Paul II avait justifié certaines discriminations envers les homosexuel-le-s (embauche, emploi, logement). Distinguant la « personne » et l’« acte », il se déclarait plein de compassion pour les personnes « souffrant » d’homosexualité mais condamnait le passage à l’acte. Durcissant les positions prises par son prédécesseur, Benoît XVI condamne tant l’homosexualité que les homosexuel-le-s. Actuellement, le Vatican fait pression sur les élus catholiques des pays légiférant en faveur des gays et des lesbiennes (mariage, homoparentalité, partenariats…). Ces pressions étant assorties de menaces d’excommunication. De plus, le Pape actuel a fait publier un document interdisant explicitement la prêtrise aux homosexuels. La position du primat de Belgique et des évêques belges semble plus modérée et nuancée que la position officielle du Vatican.
L’Église orthodoxe
Les différentes Églises orthodoxes ont une attitude assez semblable à celle de l’Église catholique. Elles font le même distinguo entre la « personne » et l'« acte ». Cependant, leurs condamnations sont parfois plus virulentes et peuvent engendrer des violences envers les homosexuel-le-s (voir la tentative de 1re Gay Pride de Moscou en 2006).
L’Église protestante
Moins hiérarchisée, l’Église protestante n’a pas de position unanime sur l’homosexualité. Dans certaines Églises protestantes et anglicanes, l’homosexualité ne pose plus problème : des prêtres et des évêques homosexuel-le-s y sont ordonné-e-s, des pasteurs bénissent des unions de personnes de même sexe. Dans d’autres Églises, le débat fait rage et mène parfois à des scissions et à des schismes.
Religion musulmane
La condamnation de l’homosexualité par la religion musulmane se base plus sur la charia (règles de conduite applicables aux musulmans) que sur les préceptes du Coran. Dans tous les pays musulmans, l’homosexualité est punie par la loi (amendes, peines de prison, châtiments corporels, voire peine de mort), sauf en Égypte (où l’homosexualité est néanmoins soumise au harcèlement policier) et en Turquie.
Religion juive
La religion juive condamne l’homosexualité masculine mais ne mentionne pas l’homosexualité féminine. Un courant religieux juif progressiste existe (surtout aux USA) qui se veut plus ouvert et plus tolérant vis-à-vis des homosexuel-le-s.
Bouddhisme
Nulle part dans ses textes de référence, le Bouddhisme ne condamne explicitement l’homosexualité. Cependant le Dalaï Lama a clairement, et à plusieurs reprises, déclaré que la morale bouddhique ne pourrait la tolérer.
La récupération sectaire
Des groupuscules religieux considérés comme sectaires profitent de la condamnation de l’homosexualité par les grandes religions monothéistes pour accueillir les gays et les lesbiennes en leur sein et se présenter en défenseurs de la cause homosexuelle. C’est le cas notamment du mouvement raëlien qui n’hésite pas à faire du militantisme pro-homo pour attirer vers lui des gays et des lesbiennes en quête de spiritualité.
Une intolérance œcuménique
Que ce soit contre la tenue de Gay Prides (Moscou, Jérusalem) ou contre les projets de loi visant l’égalité juridique des homosexuel-le-s, les grandes religions (catholique, juive, musulmane, orthodoxe) savent oublier leurs antagonismes traditionnels pour se coaliser et condamner d’une seule et même voix le mouvement homosexuel et toutes celles et tous ceux qui le soutiennent.