Arts, Cultures, Médias et Homosexualités
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Lecture : Aux origines de la pédérastie

 

 Tu n’as pas respecté l’auguste pureté

De tes cuisses, cruel, malgré tous nos baisers. Eschyle

 

Sur les milliers de textes que nous a légué la tradition grecque, nulle part, je dis bien nulle part, il n’est possible de trouver la moindre remise en cause du sentiment homosexuel. 

Oeil de La Lucarne :


L’auteur, Nicolas Cartelet, spécialiste de l’antiquité grecque, nous rappelle, dans son livre Aux origines de la pédérastie - Petites et grandes histoires homosexuelles de l’Antiquité grecque, l’importance de la pédérastie pendant des siècles tant en Grèce que dans tout le monde indo-européen ou en Afrique, pédérastie participant au renforcement du rôle de citoyen-soldat des jeunes garçons des classes élevées de ces sociétés. 

Dans son livre, il développe une explication et une description de cette pédérastie — paiderastès, pédéraste, pais, garçon (moins de 20 ans), erastès, celui qui aime, érogène, celui qui est aimé — et de son rôle. Le meilleur exemple historique étant le Bataillon sacré de Thèbes où cent-cinquante couples affrontaient le monde ! La pédérastie étant le catalyseur du courage guerrier. 

Grèce, pays de normes, où toute la vie civique était, bien entendu, définie par des conventions sociales rigides, tant pour le mariage que pour la pédérastie — exemple, seul l’éraste peut désirer, l’éromène ne peut le faire, et ce n’est même pas concevable. Même chose pour la vision du « Beau » intrinsèquement lié au « Bien » ; impressionné par la beauté du jeune garçon, en particulier par la beauté de ses cuisses (!), il valait mieux dépasser le monde des apparences pour rejoindre celui du « bien » des échanges philosophiques et intellectuels. Comme par exemple Platon dans son texte Phèdre et la fable du cocher et de ses deux chevaux, Cœur et Désir, qui s’ébrouent devant la beauté, mais le cocher, la raison, peut et doit freiner leur fougue.

 

Les Grecs faisaient une distinction fondamentale entre actif et passif, hétéros ou homos, exemples de quelques moqueries contre les érogènes et « passifs » dans les comédies dont celles d’Aristophane : katapugos, enculé, euruprokos, à l’anus béant, kinoumenos, qui se laisse masturber… Mais aucune de ces relations ne pouvait être violente car, contre un citoyen en Grèce, la violence impliquait la mort. Enfin, quand il ne s’agissait pas d’un dieu, comme par exemple Zeus raptant Ganymède !

 

Livre riche par ses analyses et ses références, huit couples, huit histoires plus ou moins connues sont relues par l’auteur — Zeus, Apollon, Héraclès,  Achille,  Harmodios, Socrate, Timarque, Alexandre —; et par l’importance de la mise en vie par la mise en page d’un vingtaine de dessins, reproductions de vases, céramiques, cratères, amphores, qui montrent les jeux érotiques entre barbus et non-barbus, baisers, pénétrations intercrurales, anales, et les approches dites « par le haut et par le bas », etc.

 

En pratique :


Aux origines de la pédérastie - Petites et grandes histoires homosexuelles de l’Antiquité 

Nicolas Cartelet

Editions La Musardine

http://www.lamusardine.com/P30902-aux-origines-de-la-pederastie-cartelet-nicolas.html

ISBN-10: 2842717732 

ISBN-13: 978-2842717735

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