Jean Boullet, Passion & Subversion
Génie subversif, personnage légendaire, Jean Boullet nous transporte dans le Rêve et le Fantastique.
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Les Minets
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Musique : Lady Gaga - Born this way ?
Oeil de La Lucarne :
Les conversations badines tournent toujours globalement autour de trois grands axes: le temps qu’il fait (ou qu’il fera), l’actualité et la nostalgie du passé. Depuis l’essor des nouvelles technologies, force est de constater que le dernier sujet en date semble avoir la cote.
En effet, certaines questions comme Mais comment faisions-nous avant le téléphone portable ? ou encore Comment imaginer la vie sans internet ? remplissent avec délectation nos bavardages quotidiens. En comparaison, l’oeuf ou la poule semblent ne plus avoir de secret pour le commun des mortels.
Lié à ces grandes questions existentielles, est venu se greffer aux bouches et oreilles du monde entier, un énorme point d’interrogation auquel aucune réponse valable ne peut plus être satisfaisante : Mais comment le monde des médias a-t-il pu vivre (ou survivre) durant l’ère pré-Gaga ?.
Bien que certains aiment à nier l’évidence, la nouvelle starlette de la pop pseudo-trash incarne, à l’heure actuelle, une certaine idée d’hégémonie radiophonique contre laquelle il est bien inutile de lutter.
A coups de tubes savamment étudiés pour le dancefloor et d’images gentillement choquantes, l’équipe communicationnelle de notre Lady a réussi à faire se renouveler l’histoire de la musique. Il est donc de bon ton de ne surtout pas écouter les quelques jaloux qui pourraient laisser entendre que David Bowie, Diane Dufresne, Björk ou encore Marilyn Manson avaient tout créé bien avant Stefani Joanne Angelina Germanotta.
Néanmoins, se pourrait-il que derrière cette conspiration de bobos envieux se cache un fond de vérité ? Pour répondre à cette question, une dissection de la dame en question s’avère essentielle.
Le phénomène Gaga peut se résumer par :
- une naissance médiatique suivant de peu une décridibilisation de la Reine Mère de la pop et de ses petites soeurs
- un talent vocal et musical indéniable lié à un charisme certain
- un physique particulier permettant l’identification d’un large panel de la population mondiale
- une équipe de travail consciente de l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication
- une musique passe-partout s’apparentant, par ses paroles et ses thématiques, aux hymnes universels
- un message simple, efficace et redondant désireux d’inclure chaque minorité dans une fraterie à part entière (en l’occurence celle des petits monstres)
- un personnage créé de toute pièce par et pour les médias à coups de vêtements hybrides, de visuels soignés et de mises en scène riches, au propre comme au figuré
- un travail intensif lié à une vision américanisée de la réussite
Le dernier simple en date, Born this way, n’échappe pas à cette logique commerciale implacable. Ce tube en devenir n’hésitera donc pas à reprendre les recettes qui fonctionnent ou ont fonctionné (faisant de ce titre un savant mélange du When love takes over d’un certain joueur de Simon, mixé à la sauce Express Yourself de la Madonne).
D’un point de vue textuel, la Lady ne change pas une recette qui gagne. Celle-ci se fera, le temps d’une chanson, la grande porte-parole de toutes les communautés qui lui approvisionnent, au fil du temps, ses multiples cartes-bleues (No matter gay, straight or bi / Lesbian, transgendered life / I’m on the right track, baby / I was born this way). Elton John, ayant eu la primeur d’écouter cette bombe révolutionnaire, ira même jusqu’à affirmer que ce simple pourrait reléguer le I will survive de Gloria Gaynor au rang des vieilleries d’antan dans le coeur des gayprideurs. Et dire que certains pensaient avoir fait le tour de la chanson engagée...
Derrière ce vide artistique abyssal se dresse néanmoins un discours de l’attente précédant la première diffusion de l’hymne en question. Mettant ainsi le public sous pression, Gaga et son équipe sont certain de provoquer, comme à chaque fois, l’intérêt des médias et donc, de la masse.
C’est donc dans la frénésie générale que la Lady s’apprêtera bientôt à dévoiler les images qui rattraperont, bien entendu, les lacunes inhérentes à son art. Le matraquage intempestif fera le reste et c’est bien machinalement que nous entonnerons, nous aussi, durant nos achats printaniers chez H&M, les précieux commandements de la diva. Don’t be a drag, just be a queen...
En définitive, même si Lady Gaga n’a effectivement pas inventé la poudre, elle aura réussi à en jeter aux yeux d’un public demandeur de ce type de freak-show aseptisé d’authenticité.
Au nom de toutes les minorités, merci à toi, Gaga, d’être née de la sorte et d’avoir changé, à tout jamais, la face de nos conversations futiles à coups de chansons qui le sont, sans doute, tout autant.
En effet, certaines questions comme Mais comment faisions-nous avant le téléphone portable ? ou encore Comment imaginer la vie sans internet ? remplissent avec délectation nos bavardages quotidiens. En comparaison, l’oeuf ou la poule semblent ne plus avoir de secret pour le commun des mortels.
Lié à ces grandes questions existentielles, est venu se greffer aux bouches et oreilles du monde entier, un énorme point d’interrogation auquel aucune réponse valable ne peut plus être satisfaisante : Mais comment le monde des médias a-t-il pu vivre (ou survivre) durant l’ère pré-Gaga ?.
Bien que certains aiment à nier l’évidence, la nouvelle starlette de la pop pseudo-trash incarne, à l’heure actuelle, une certaine idée d’hégémonie radiophonique contre laquelle il est bien inutile de lutter.
A coups de tubes savamment étudiés pour le dancefloor et d’images gentillement choquantes, l’équipe communicationnelle de notre Lady a réussi à faire se renouveler l’histoire de la musique. Il est donc de bon ton de ne surtout pas écouter les quelques jaloux qui pourraient laisser entendre que David Bowie, Diane Dufresne, Björk ou encore Marilyn Manson avaient tout créé bien avant Stefani Joanne Angelina Germanotta.
Néanmoins, se pourrait-il que derrière cette conspiration de bobos envieux se cache un fond de vérité ? Pour répondre à cette question, une dissection de la dame en question s’avère essentielle.
Le phénomène Gaga peut se résumer par :
- une naissance médiatique suivant de peu une décridibilisation de la Reine Mère de la pop et de ses petites soeurs
- un talent vocal et musical indéniable lié à un charisme certain
- un physique particulier permettant l’identification d’un large panel de la population mondiale
- une équipe de travail consciente de l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication
- une musique passe-partout s’apparentant, par ses paroles et ses thématiques, aux hymnes universels
- un message simple, efficace et redondant désireux d’inclure chaque minorité dans une fraterie à part entière (en l’occurence celle des petits monstres)
- un personnage créé de toute pièce par et pour les médias à coups de vêtements hybrides, de visuels soignés et de mises en scène riches, au propre comme au figuré
- un travail intensif lié à une vision américanisée de la réussite
Le dernier simple en date, Born this way, n’échappe pas à cette logique commerciale implacable. Ce tube en devenir n’hésitera donc pas à reprendre les recettes qui fonctionnent ou ont fonctionné (faisant de ce titre un savant mélange du When love takes over d’un certain joueur de Simon, mixé à la sauce Express Yourself de la Madonne).
D’un point de vue textuel, la Lady ne change pas une recette qui gagne. Celle-ci se fera, le temps d’une chanson, la grande porte-parole de toutes les communautés qui lui approvisionnent, au fil du temps, ses multiples cartes-bleues (No matter gay, straight or bi / Lesbian, transgendered life / I’m on the right track, baby / I was born this way). Elton John, ayant eu la primeur d’écouter cette bombe révolutionnaire, ira même jusqu’à affirmer que ce simple pourrait reléguer le I will survive de Gloria Gaynor au rang des vieilleries d’antan dans le coeur des gayprideurs. Et dire que certains pensaient avoir fait le tour de la chanson engagée...
Derrière ce vide artistique abyssal se dresse néanmoins un discours de l’attente précédant la première diffusion de l’hymne en question. Mettant ainsi le public sous pression, Gaga et son équipe sont certain de provoquer, comme à chaque fois, l’intérêt des médias et donc, de la masse.
C’est donc dans la frénésie générale que la Lady s’apprêtera bientôt à dévoiler les images qui rattraperont, bien entendu, les lacunes inhérentes à son art. Le matraquage intempestif fera le reste et c’est bien machinalement que nous entonnerons, nous aussi, durant nos achats printaniers chez H&M, les précieux commandements de la diva. Don’t be a drag, just be a queen...
En définitive, même si Lady Gaga n’a effectivement pas inventé la poudre, elle aura réussi à en jeter aux yeux d’un public demandeur de ce type de freak-show aseptisé d’authenticité.
Au nom de toutes les minorités, merci à toi, Gaga, d’être née de la sorte et d’avoir changé, à tout jamais, la face de nos conversations futiles à coups de chansons qui le sont, sans doute, tout autant.
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