Œil de La Lucarne:
Une expérience unique en son genre est à l’origine de l’écriture de ce film. Inventer un roman et un film sur la même histoire. Pour le livre, c’est Ariel Kenig qui s’y est collé, et pour le film : Gaêl Morel.
Le thème semble effectivement fait pour Morel : l’adolescence, la fratrie, la révolte… cette période de la vie où tout est possible mais où tout se décide…
Romain et Eric sont très différents. Mais ils vont se retrouver unis par la solitude et une admiration mutuelle. Erick est un fils d’agriculteur. Il étouffe dans son milieu et aspire à découvrir de nouveaux horizons. Romain issu d’un milieu plus aisé, vit une relation étroite avec sa mère, interprétée par Béatrice Dalle, dont il partage le goût pour l’étrange et une certaine morbidité. C’est un musicien, très amateur de musique New Wave. Il fait découvrir ses morceaux et ses groupes favoris à Erick. Très vite se noue entre eux une relation exclusive. Ils adhèrent au ciné-club du lycée, dont l’animateur leur confie une caméra super 8. Romain veut être le héros d’un clip vidéo et il confie à Erick la caméra. Il le filmera intensément .
Les profs du lycée suivent le mouvement de grève qui gagne la France. Le prof de gym (Stéphane Rideau), qui est proche de ses élèves et les initie à la citoyenneté (il est très différent du cliché du prof de sports) organise un voyage à Paris, pour participer aux grandes manifestations.
Romain y va, alors qu’Erick reste…
Casting et interprétation impeccable, reconstitution des années 80 saluée par la critique, plongée dans l’adolescence et dans la force des sentiments propres à cette période de la vie… Gaël Morel a réussi ce dernier opus diffusé uniquement sur Arte.
Mais pas d’ambiguïté dans les sentiments qui unissent les deux ados autre que la fascination et le sentiment d’exclusivité.
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par Hugues Demeusy