Œil de La Lucarne:
« Les amoureux de travers, le dimanche
dans une impasse de plage s’astiquent le manche
c’est pas que ça m’dérange
mais y a-t-il du sentiment à l’ombre des hanches ? »
Ainsi, d’un vers tiré des « Rendez-vous d’Ostende », l’un des poèmes du livre qu’il vient de publier, Francis Lambert nous fait un titre qui donne - et tout à la fois ne nous donne pas - le ton de ses poèmes.
Mais, après tout, un poète non contradictoire serait fort ennuyeux et celui-là à des accents à la Louise Labé : « Je vis, je meurs : je brûle et me noie […] Tout en un coup je sèche et je verdoie… »
Du cul, oui : « Offrir le noir / de mes rêves / aux nuits profondes de tes orgasmes… » ou « Quand j’entre en toi, je n’en sors plus de nous » sans oublier ce « cœur à la braguette »…
mais pas de désir car « pas besoin de baratin quand on est malin / on s’en titre toujours / son coup par-çi, par-là… »
de l’amour, oui : « À cette époque heureuse, où dans ma vie / l’amour n’avait rien à voir avec la beauté… » même si « L’amour n’est qu’un vêtement / que souvent on enlève trop vite… »
mais pas de romantisme, d’ailleurs « Depuis toujours les romantiques sont des cons qui s’ignorent ».
Ne nous y trompons pas, Francis est un poète de la délicatesse et du doute : « Il ne fallait pas être deux pour s’aimer / il suffisait d’être tragiquement seul »… ; « Or de toi à moi tout est courbe / où je chemine contre l’angoisse fourbe ».
Mais, peut-être, et surtout, le regret de n’être plus « un Maître du monde de douze ans / qui se souvient de sa splendeur passée / aux pertes et profits de la vie d’homme… »
Et alors, comme pour sauver la face, Francis se joue des mots sans pour autant faire des jeux de mots, ainsi l’on peut être « tenté » par la « tante » « tant et si bien » que les éphèbes qui la tentent pourraient nous tenter nous aussi ou dans une « Divagation » un « à mort » se joue d’« amore » même si le condamné en meurt !
« Une invitation au voyage », où par petites touches Bruxelles, Ostende, Liège, Paris, le Maroc, Venise, Amsterdam… et la mer apparaissent et ceci même si une pirouette nous invite alors à déguster « comme pour rompre l’ennui salin » « un mousse au chocolat » !
Et non, les poètes non pas toujours raison, la preuve : « J’ai le tort de m’aimer d’amour / à travers d’autres corps » ! comme si nous pouvions nous aimer autrement ! Merci à toi
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par Martine Laroche