Arts, Cultures, Médias et Homosexualités
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Brèves : "PD" : une insulte homophobe ou pas?

"PD"... une insulte homophobe ou pas?

En tout cas,  pour le Conseil des Prud'Hommes de Paris au cours d'une affaire de licenciement abusif, qui a considéré que le terme de « pédé » adressé à un coiffeur n’est pas homophobe, car « il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles ». C'est Metronews qui révèle cette information ce 7 avril 2016.

Le jeune homme, employé en période d’essai dans un salon parisien, avait reçu par erreur, en octobre 2014, un SMS de sa patronne qui disait : « Je ne le garde pas, je le préviens demain, on fera avec des itinérants en attendant, je ne le sens pas ce mec : c’est un PD, ils font tous des coups de pute. »

Sa période d’essai avait été rompue le lendemain pour « insuffisance professionnelle ». S’estimant victime de discrimination liée à son orientation sexuelle, et très affecté psychologiquement, le jeune homme a attaqué son employeur devant les prud’hommes, soutenu par le Défenseur des droits, qui estimait qu’il y avait bien eu discrimination.

 

Le salon de coiffure faisait valoir pour sa part que l’employé « travaillait lentement », avait des « difficultés d’intégration » et « qu’il refusait d’exécuter certaines tâches, mais prétendait accéder rapidement à un poste de manager ».

Tout en reconnaissant « le caractère et la teneur inappropriés du SMS », l’employeur estimait que le terme de « pédé » « n’est qu’un simple abus de langage et que ce terme est entré dans le langage courant et qu’il n’a aucun sens péjoratif ou homophobe dans l’esprit de la manager ».

Dans sa décision, le conseil des prud’hommes a repris les arguments de l’employeur en se justifiant ainsi : « En se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le conseil considère que le terme de “pédé” employé par la manager ne peut être reconnu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela pose de problèmes. »

Le conseil considère que « l’employeur n’a pas fait preuve de discrimination (...), mais que ce sont des propos injurieux qui ont été prononcés ». A ce titre, il a accordé à l’employé 5 000 euros au titre du préjudice moral. Ce dernier a fait appel.

 

Les injures homophobes, de même que la diffamation et l’incitation à la discrimination sont réprimées par la loi. « L’injure non publique est punie par une contravention de 38 € maximum. Si c’est une injure raciste, sexiste, homophobe ou contre les handicapés, la contravention est de 750 € maximum, qu’elle ait été prononcée à l’égard d’une personne désignée ou d’un groupe de personnes », rappelle le site Service Public